Héroïnes, portraits de yoginis

Maureen Esivert


Une vie de yoga ce n’est pas seulement une vie d’introspection, c’est aussi par bonheur une vie de rencontres. Ces rencontres me sont précieuses. Il se trouve que les disciples du yoga les plus assidues, dont il m’a été donné de croiser le chemin, sont des femmes. Tout naturellement, j’ai souhaité partager une série d’entretiens qu’elles ont eu la gentillesse de m’accorder et de l’intituler « Héroïnes, portraits de yoginis ». D’abord, pour leur témoigner mon admiration, mon amitié, mais aussi pour partager avec vous leurs parcours, leurs réflexions et leurs aspirations qui, je l’espère, éveilleront chez certaines et certains d’entre vous, comme un signe de reconnaissance de leur propre chemin et l’envie de se jeter corps et âme dans la voie du yoga.

Être artiste, c’est une disposition d’âme qui se cultive. Depuis que je connais Maureen Esivert je l’ai vu mettre son talent au service des autres avec une générosité sans faille. De la même manière qu’elle porte ses spectacles dans le monde, sa pratique et sa compréhension profonde du yoga est teintée d’un désir originel de lien et de partage. Peut-être qu’être artiste ou yogini procède de la même conscience que les choses valent d’autant plus qu’elles sont données et reçues. Merci Maureen pour ce texte que je publie avec joie, tant il est inspirant.


Voici ce qu’elle m’a confié…

Qui es-tu ?


Je m’appelle Maureen, j'ai 39 ans. Je suis une artiste, de métier et dans l’âme. Je chante, écris, compose. Aussi, je continue mon vaste chantier de dompteuse de démons. J’ai quitté Paris en août 2019. Je me suis installée dans un village en gironde. Maintenant, le matin au réveil, je marche pieds nus sur la terre qui me nourrit.

J’aime essentiellement le pouvoir de la créativité et la poésie. Ils permettent de sublimer le réel pour en saisir la beauté, et échapper au fardeau du temps. Ils appellent aussi à la joyeuse nécessité de vivre le rêve, à se réconcilier avec soi-même, le monde et la nature. Ce n’est pas par hasard si je me trouve aujourd’hui sur le chemin du yoga.


Quelle a été ta première rencontre avec le yoga ?


Elle s’est faite précisément en septembre 2017. C’était un cours de yoga vinyasa. La professeure dégageait douceur et fermeté. Je me sentais en sécurité. J’ai aimé sentir mon corps et mes endorphines s’exprimer différemment qu’avec la boxe ou le running. A la fin de ce 1er cours, j’ai pleuré, mon émotion s’échappait librement. Je me suis sentie comme nettoyée.

Pour quelles raisons es-tu allé pour la première fois à un cours de yoga ?


Suite au diagnostic d’une maladie auto-immune, mon médecin traitant (homéopathe, acupunctrice, maître Qi gong, et co-directrice de l’école française de shiatsu à Paris) m’a conseillée de faire du yoga. Elle me disait que l’apaisement du mental et le rééquilibrage de mon énergie vitale pouvait s’imposer dans le processus de guérison.Elle m’avait aussi donné des liens sur le net pour m’initier à la méditation. Le soir en rentrant chez moi, j’ai visionné des yogis indiens, écouter Zakir Hussein, et me suis remémorée mon voyage au sud de l’Inde 8 ans auparavant. C’était d’une poésie inouïe! Je restais contemplative. Puis quelques jours plus tard, j’allais à mon premier cours de yoga.

Pour quelles raisons continues-tu aujourd’hui à pratiquer le yoga ?


Je considère aujourd’hui ma pratique du yoga comme une nourriture énergétique et spirituelle. Dès que j’ai pu instaurer une pratique quotidienne, j’ai ressenti le début d’un accordage interne. La pratique des asanas et du pranayama s’avère être un moyen d’expression de ce que je vis, de ce que je suis dans l’instant, de ma manière d’appréhender le monde. Le simple fait de rentrer dans des sensations internes m’aide à comprendre ce que font travailler ces 2 piliers en moi. Mon corps et mon énergie s’expriment, je les accepte mieux, quelque soit leur état. Je trouve alors dans la pratique du yoga une voie d’expression et de réalisation. Je réalise que les obstacles, doutes, croyances, et peut-être la peur d’aller vers soi, se dissoudent très progressivement pour laisser place à une légèreté physique et mentale, ainsi qu’à une certaine vérité. La pratique des mantras et de la méditation opèrent dans le même sens, avec cette efficacité très appréciable à dissoudre les ruminations mentales, mais aussi les bavardages inutiles de la vie quotidienne! Cela laisse plus de place à l’aspect contemplatif et poétique de la vie, envers chaque être, chaque chose. Je réalise que le yoga est un état de dépouillement de couches inutiles qui brouillent pas mal de pistes. Et je comprends vite que lorsque nous changeons, le monde aussi change.

Si un ami ou une amie te demande ce qu’est le yoga, que lui réponds-tu ?


Je lui dirai que c’est une voie éventuelle vers la liberté; ambitieuse et exigeante, qui en vaut la chandelle. Je lui dirai que c’est une immense lumière qui révèle un potentiel universel.

Je lui dirai que le yoga est un état d’accordage interne pour se relier à notre véritable essence, et universelle. Je lui dirai que c’est un très beau moyen d’expression, sur un terrain où l’on peut s’accorder à jouer sans tricher.

Quelle est la chose que tu as réalisé dans le yoga et dont tu es la plus fière ?


Suite à une méditation guidée par Laurent, basée sur l’ignorance du soi comme source de souffrance, et avec pour objet le doute; je prends véritablement conscience que notre être est source de lumière. Je prends soin d’observer chaque obstacle, chaque croyance créés mentalement dans des situations de doute, jusqu’à m’en dépouiller. Je suis fière de cela, car il en ressort des répercutions concrètes dans ma vie et ma pratique. Il s’en suit cette fameuse sensation de légèreté. Je réalise que bien des capacités peuvent s’expandre, sans recours à la force. Je n’appréhende plus la réalisation d’un asana. Je fais comme je peux avec une certaine organisation pranique, peu importe la photo finale.

Lequel, parmi les huit piliers du yoga définis par Patanjali, est le centre de ton attention en ce moment ? Pourquoi ?

Je dirai le premier: niyama. Je suis de plus en plus attentive à ce que l’ensemble de ma pratique révèle sur mon être et mon rapport au monde.

J’essaie aussi d’exercer un effort constant vers la pureté. Ce n’est pas sans obstacles, mais tellement enrichissant. Sur ce chemin, j’ai bien réalisé que je croyais aimer certaines choses de peur de m’en détacher, et de ne pas en aimer certaines par peur. Réaliser cela est pour moi le début d’une libération. Comme je le spécifie au début de ma présentation, je continue de dompter mes démons.

Comment envisages-tu la suite de ton aventure dans la voie du yoga ?



Avant toute chose, j’essaie de mettre ma pratique au service de cet état d’union en question (entre le corps, l’esprit, les intentions, les paroles, les actes, ce que je suis, ce que j’offre au monde, et ce qu’il m’offre). J’ai aussi le désir d’enseigner auprès d’adultes, et d’adolescents. Je souhaite également approfondir et diffuser un programme éducatif en milieu scolaire, basé sur l’empathie, la respiration, la gestion des émotions, en y insérant des éléments de la pratique du yoga. J’ai déjà testé ce programme en école maternelle, en y observant des résultats certains.

J’ai aussi dans un coin de la tête, le projet de fonder un réseau de l’autonomie. C’est-à-dire un lieu(ou des lieux en réseau)où les personnes viendraient apprendre, acquérir des connaissances et savoir-faire, pour que leurs vies soient moins dépendantes d’un système qui crée toujours plus de besoins inutiles et aliénants, tout en s’adaptant à un monde qui peut proposer des outils passionnants en terme de nouvelles technologies, de science et de médecine. Dans cette optique, le yoga est une discipline qui offre une stabilité physique, énergétique et émotionnelle permettant d’apprécier le changement et d’acter en ce sens. Je pense que la maîtrise du recours aux ressources intérieures est le premier pas vers l’autonomie.!

Souhaites-tu ajouter quelque chose d’important ?!

Je tiens à souligner la justesse, la précision et la pureté de l’enseignement de Laurent Sindrès. Il sait nous guider tout en s’adaptant à nos spécificités physiques et énergétiques respectives. Il nous appelle aussi toujours à questionner notre maître intérieur, tout en nous référant aux textes sacrés. Les champs d’expérience qu’il nous incite à explorer sont immenses et ouvrent véritablement les portes de la connaissance de notre être profond.

Maureen Esivert

Une vie de yoga ce n’est pas seulement une vie d’introspection, c’est aussi par bonheur une vie de rencontres. Ces rencontres me sont précieuses. Il se trouve que les disciples du yoga les plus assidues, dont il m’a été donné de croiser le chemin, sont des femmes. Tout naturellement, j’ai souhaité partager une série d’entretiens qu’elles ont eu la gentillesse de m’accorder et de l’intituler « Héroïnes, portraits de yoginis ». D’abord, pour leur témoigner mon admiration, mon amitié, mais aussi pour partager avec vous leurs parcours, leurs réflexions et leurs aspirations qui, je l’espère, éveilleront chez certaines et certains d’entre vous, comme un signe de reconnaissance de leur propre chemin et l’envie de se jeter corps et âme dans la voie du yoga.

Être artiste, c’est une disposition d’âme qui se cultive. Depuis que je connais Maureen Esivert je l’ai vu mettre son talent au service des autres avec une générosité sans faille. De la même manière qu’elle porte ses spectacles dans le monde, sa pratique et sa compréhension profonde du yoga est teintée d’un désir originel de lien et de partage. Peut-être qu’être artiste ou yogini procède de la même conscience que les choses valent d’autant plus qu’elles sont données et reçues. Merci Maureen pour ce texte que je publie avec joie, tant il est inspirant.

Voici ce qu’elle m’a confié…

Qui es-tu ?

Je m’appelle Maureen, j'ai 39 ans. Je suis une artiste, de métier et dans l’âme. Je chante, écris, compose. Aussi, je continue mon vaste chantier de dompteuse de démons. J’ai quitté Paris en août 2019. Je me suis installée dans un village en gironde. Maintenant, le matin au réveil, je marche pieds nus sur la terre qui me nourrit.

J’aime essentiellement le pouvoir de la créativité et la poésie. Ils permettent de sublimer le réel pour en saisir la beauté, et échapper au fardeau du temps. Ils appellent aussi à la joyeuse nécessité de vivre le rêve, à se réconcilier avec soi-même, le monde et la nature. Ce n’est pas par hasard si je me trouve aujourd’hui sur le chemin du yoga.

Quelle a été ta première rencontre avec le yoga ?

Elle s’est faite précisément en septembre 2017. C’était un cours de yoga vinyasa. La professeure dégageait douceur et fermeté. Je me sentais en sécurité. J’ai aimé sentir mon corps et mes endorphines s’exprimer différemment qu’avec la boxe ou le running. A la fin de ce 1er cours, j’ai pleuré, mon émotion s’échappait librement. Je me suis sentie comme nettoyée.

Pour quelles raisons es-tu allé pour la première fois à un cours de yoga ?

Suite au diagnostic d’une maladie auto-immune, mon médecin traitant (homéopathe, acupunctrice, maître Qi gong, et co-directrice de l’école française de shiatsu à Paris) m’a conseillée de faire du yoga. Elle me disait que l’apaisement du mental et le rééquilibrage de mon énergie vitale pouvait s’imposer dans le processus de guérison.Elle m’avait aussi donné des liens sur le net pour m’initier à la méditation. Le soir en rentrant chez moi, j’ai visionné des yogis indiens, écouter Zakir Hussein, et me suis remémorée mon voyage au sud de l’Inde 8 ans auparavant. C’était d’une poésie inouïe! Je restais contemplative. Puis quelques jours plus tard, j’allais à mon premier cours de yoga.

Pour quelles raisons continues-tu aujourd’hui à pratiquer le yoga ?

Je considère aujourd’hui ma pratique du yoga comme une nourriture énergétique et spirituelle. Dès que j’ai pu instaurer une pratique quotidienne, j’ai ressenti le début d’un accordage interne. La pratique des asanas et du pranayama s’avère être un moyen d’expression de ce que je vis, de ce que je suis dans l’instant, de ma manière d’appréhender le monde. Le simple fait de rentrer dans des sensations internes m’aide à comprendre ce que font travailler ces 2 piliers en moi. Mon corps et mon énergie s’expriment, je les accepte mieux, quelque soit leur état. Je trouve alors dans la pratique du yoga une voie d’expression et de réalisation. Je réalise que les obstacles, doutes, croyances, et peut-être la peur d’aller vers soi, se dissoudent très progressivement pour laisser place à une légèreté physique et mentale, ainsi qu’à une certaine vérité. La pratique des mantras et de la méditation opèrent dans le même sens, avec cette efficacité très appréciable à dissoudre les ruminations mentales, mais aussi les bavardages inutiles de la vie quotidienne! Cela laisse plus de place à l’aspect contemplatif et poétique de la vie, envers chaque être, chaque chose. Je réalise que le yoga est un état de dépouillement de couches inutiles qui brouillent pas mal de pistes. Et je comprends vite que lorsque nous changeons, le monde aussi change.

Si un ami ou une amie te demande ce qu’est le yoga, que lui réponds-tu ?

Je lui dirai que c’est une voie éventuelle vers la liberté; ambitieuse et exigeante, qui en vaut la chandelle. Je lui dirai que c’est une immense lumière qui révèle un potentiel universel.

Je lui dirai que le yoga est un état d’accordage interne pour se relier à notre véritable essence, et universelle. Je lui dirai que c’est un très beau moyen d’expression, sur un terrain où l’on peut s’accorder à jouer sans tricher.

Quelle est la chose que tu as réalisé dans le yoga et dont tu es la plus fière ?

Suite à une méditation guidée par Laurent, basée sur l’ignorance du soi comme source de souffrance, et avec pour objet le doute; je prends véritablement conscience que notre être est source de lumière. Je prends soin d’observer chaque obstacle, chaque croyance créés mentalement dans des situations de doute, jusqu’à m’en dépouiller. Je suis fière de cela, car il en ressort des répercutions concrètes dans ma vie et ma pratique. Il s’en suit cette fameuse sensation de légèreté. Je réalise que bien des capacités peuvent s’expandre, sans recours à la force. Je n’appréhende plus la réalisation d’un asana. Je fais comme je peux avec une certaine organisation pranique, peu importe la photo finale.

Lequel, parmi les huit piliers du yoga définis par Patanjali, est le centre de ton attention en ce moment ? Pourquoi ?

Je dirai le premier: niyama. Je suis de plus en plus attentive à ce que l’ensemble de ma pratique révèle sur mon être et mon rapport au monde.

J’essaie aussi d’exercer un effort constant vers la pureté. Ce n’est pas sans obstacles, mais tellement enrichissant. Sur ce chemin, j’ai bien réalisé que je croyais aimer certaines choses de peur de m’en détacher, et de ne pas en aimer certaines par peur. Réaliser cela est pour moi le début d’une libération. Comme je le spécifie au début de ma présentation, je continue de dompter mes démons.

Comment envisages-tu la suite de ton aventure dans la voie du yoga ?

Avant toute chose, j’essaie de mettre ma pratique au service de cet état d’union en question.(entre le corps, l’esprit,les intentions, les paroles, les actes, ce que je suis, ce que j’offre au monde, et ce qu’il m’offre).! J’ai aussi le désir d’enseigner auprès d’adultes, et d’adolescents. Je souhaite également approfondir et diffuser un programme éducatif en milieu scolaire, basé sur l’empathie, la respiration, la gestion des émotions, en y insérant des éléments de la pratique du yoga. J’ai déjà testé ce programme en école maternelle, en y observant des résultats certains.!

J’ai aussi dans un coin de la tête, le projet de fonder un réseau de l’autonomie. C’est-à-dire un lieu(ou des lieux en réseau)où les personnes viendraient apprendre, acquérir des connaissances et savoir-faire, pour que leurs vies soient moins dépendantes d’un système qui crée toujours plus de besoins inutiles et aliénants, tout en s’adaptant à un monde qui peut proposer des outils passionnants en terme de nouvelles technologies, de science et de médecine. Dans cette optique, le yoga est une discipline qui offre une stabilité physique, énergétique et émotionnelle permettant d’apprécier le changement et d’acter en ce sens. Je pense que la maîtrise du recours aux ressources intérieures est le premier pas vers l’autonomie.!

Souhaites-tu ajouter quelque chose d’important ?

Je tiens à souligner la justesse, la précision et la pureté de l’enseignement de Laurent Sindrès. Il sait nous guider tout en s’adaptant à nos spécificités physiques et énergétiques respectives. Il nous appelle aussi toujours à questionner notre maître intérieur, tout en nous référant aux textes sacrés. Les champs d’expérience qu’il nous incite à explorer sont immenses et ouvrent véritablement les portes de la connaissance de notre être profond.



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