Une Voie

Récemment, j’ai souhaité expliquer pourquoi je me référais systématiquement et explicitement à la tradition spirituelle indienne lors des méditations guidées.

Après-tout, il existe des pratiques méditatives qui ne font référence à aucune tradition spirituelle et adoptent un référentiel de langage et d’images détaché de tout contexte cuturel et cultuel, même si elles ont pu par ailleurs s’en inspirer.


Si pour ma part, je ressens la nécessité d’ancrer ma pratique dans la tradition indienne, telle qu’elle a été transmise par les souces écrites (Upanishad, Vedanta, Bagavad Gita,…), ainsi que par les maîtres anciens ou contemporains, c’est qu’à mes yeux elle revêt trois qualités essentielles.


En premier lieu, il s’agit d’une philosophie qui engage le corps. Les concepts qui y sont développés, tels le non dualisme ou encore les différentes qualités énergétiques qui traversent l’univers, trouvent leur correspondance dans une pratique corporelle, les asanas, le pranayama, les mudras ou les bandhas. Dès lors, la connaissance s’éprouve à l’aune d’une expérience personnelle vécue tout autant par le corps que par l’eprit.


En second lieu, malgré une complexité apparente, elle nous dévoile une lecture du monde d’une très grande cohérence où l’individu et l’absolu tendent à s’unir. Cette non dualité est la promesse du Yoga, mot polysémique qui en sanskrit signifie aussi union.



Enfin, il s’agit d’une voie qui n’est pas exclusive d’autres traditions. Quel que soit sa culture ou sa religion d’origine, on peut, d’une part, y retrouver des concepts familiers même s’ils portent des noms différents et, d’autre part, conserver ses propres références sans que cela génère de contradictions. Un chrétien pourra voir dans la recherche de sa véritable nature, celle qui transcende l’individu, le Maître intérieur dont parle Saint Augustin. La vision d’un monde traversé d’énergies est très proche de celle de la Kabbale et notamment de la Kabbale lourianique. Il y a d’étonnantes correspondances entre Chakras et Sephiroth. La Salat (prière islamique) s’effectue en mouvement selon des postures codifiées tout comme les asanas portent en eux une signification symbolique. Il n’est donc pas nécessaire de renier ses propres croyances ou même son agnosticisme pour pratiquer le Yoga.

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